Quand Challenges.fr fait la Propagande du Gaz de Schiste 2, le retour


Incorrigible rédaction de Challenges! Nous avions déjà épinglé ce torchon ultra-libéral dans un précédent article. N’écoutant que sa bêtise, un des journalistes, un des participants à cette meute a donc décidé d’enfoncer le clou avec cette sempiternelle et si facile excuse d’informer.

On débute donc par un titre subtil sans équivoque quant à l’ombre du lobby qui plane derrière.
« Pourquoi l’exploitation du gaz de schiste en France mérite un débat ».
Pour bien comprendre le parti pris – ici pas de raison, ce n’est pas un edito – retraduisons le titre par « Pourquoi sacrifier nos sols et nappes souterraines au profit de l’argent mérite un débat »
Un sujet biaisé dès le début dont le titre impose une seule réponse: Non pas de débat à cette folie humaine!

Rien à dire sur les 2O premières lignes de l’article, puis vient une phrase clé à propos de la vague populaire anti-gaz de schiste à la fin du mandat de Sarkozy:« L’émotion avait pris le pas sur la raison. »
Pour Nicolas Stiel, s’inquiéter de la pollution des sols et des nappes phréatiques c’est s’émouvoir et donc rester dans le futile. Superbe raisonnement d’un contributeur de l’encyclopédie Universalis. On comprend le succès de Wikipédia!

S’en suit un paragraphe entier de pourcentage et de chiffres à gogo sur le prix du brent, du déficit commercial de la France. Procédé classique pour noyer le poisson.
« Vous voyez comment je maitrise le sujet, vous saviez pas tout ça, alors croyez moi et suivez mon opinion! »
Pire, l’auteur joue la démagogie à fond en osant mettre dans la balance « 4 millions de ménages vivent en situation de précarité énergétique » faisant alors miroiter que laisser forer les entreprises permettra de résoudre le prix du gaz et donc d’ouvrir l’accès à l’énergie même aux plus pauvres. Ridicule.

L’avalanche de chiffres ne vous a pas suffit? Alors sortie du chapeau, une belle étude celle de l’étude de la Fondation Concorde (« Gaz de schiste, exploitons nos réserves »).
Comme par hasard une association réputée indépendante politiquement…mais dont les supporters sont plutôt la droite modérée avec des obsessions telles que « la compétitivité des entreprises et l’entrepreneuriat, tout en exigeant un Etat allégé et la réduction de la dépense publique »
Le choix des invités en 2011 confirme l’influence libérale: Luc Châtel (ministre fantoche de Sarkozy), Jean Paul Betbèze (préside entre autres l’Union des industries de la communauté européenne), Jean-Pierre Jouyet (Autorité des marchés financiers (AMF) sous Sarkozy, Bruno Le Maire (le ministre de l’agriculture de Sarkozy qui ne savait pas combien faisait un hectare en m²!), Thierry Breton (ex PDG de Rhodia, Thomson Multimédia, Orange, actuel PDG de ATOS) ou Christian Saint-Etienne (économiste…membre du conseil d’administration de Cofiroute pas sûr que l’écologie soit sa tasse de thé)!

En toute franchise
Fort heureusement pour lui, Nicolas Stiel possède au moins une qualité, la franchise :
« Cet été, des experts comme Claude Allègre et des décideurs comme Claude Perdriel (propriétaire de Challenges) ont signé des tribunes en faveur du gaz de schiste »
Claude Allègre demeure le plus influencé des scientifiques dont le métier repose sur les investissement du lobby pétrolier. Tout ce qui est bon pour Total & Cie, est bon pour ses études en géologie forcément couteuses. C’est vous dire l’honnêteté intellectuel du bonhomme, mondialement connu pour nier l’origine humaine du réchauffement climatique.
Quant à Perdriel, un « décideur » qui comme tout homme d’affaire ne pense qu’à une chose: le pognon!
Nous avons donc deux personnalités présentées comme digne de confiance qui n’ont que faire de l’écologie. Pas sûr que les exemples servent la démonstration de l’intéressé.

Pauvre Total
L’auteur cite ensuite la pauvre petite société Total obligée de se rabattre sur les pays étrangers pour exploiter le gaz de schiste, bien déçue de ne pas pouvoir se faire du beurre dans son propre pays. Un comble pour cette société construite sur le dos du contribuable français aux 12 milliards d’euros de bénéfice annuel!

La dépendance énergétique: l’atout qui tue
La dépendance énergétique, est avec l’emploi et les retombées économiques sonnantes et trébuchantes, le 3ème argument clé du lobby. Et l’auteur la détaille consciencieusement.
Il cite ainsi « Grâce au shale gas, les Etats-Unis sont désormais autosuffisants. » tout en oubliant les inconvénients écologiques. Mais nous avions bien vu et lu que cela n’était pas le propos de l’auteur.
Notamment des villages américains coupés en deux, repartis entre les pro et contre, les contre protestant de voire leur eau du robinet pollués par près de 27 produits chimiques cancérigènes, les pour généreusement acquis au lobby pétrolier par appât du gain et intérêt financier (emplois directs ou indirects). Il faut regarder plus souvent le JT d’Arté, Monsieur Stiel!
En France, ce serait la folie de ne pas exploiter cette ressource gigantesque, un don du ciel,enfin de la Terre. Penser des « 5 000 milliards de mètres cubes de réserve »: terminer les hausses du tarifs du gaz!
Et pour celles et ceux qui feraient la sourde oreille, en gros, en gras: « Une facture énergétique allégée de 10 milliards d’euros »
Si après un tel argument – 10 milliards bordel! – vous n’êtes pas prêt à sacrifier la faune et la flore, comme votre santé et celle de vos proches alors vous êtes stupide…selon Nicolas Stiel.

Faire illusion
L’auteur se voit obliger de citer les écologistes, histoire de faire illusion. Evidemment ceci est fait sous un biais à vomir ponctuant son paragraphe par « Paranoïa? Pas totalement », sous entendant que globalement les écologistes restent des paranos attardés, empêcheurs de tourner en rond et mettant en péril l’avenir énergétique et économique du pays. Rien que ça! L’auteur termine son torchon en finissant joliment par laisser la porte ouverte sur les solutions énergétiques que devra apporter la conférence énergétique. Sûr que lui même ne peut apporter grand chose à part se faire la voix de son maitre et employeur: Claude Perdriel.

Pas le seul
A la décharge de l’auteur, force est de constater que le lobby des gaz de schiste a acheté directement ou indirectement bon nombre d’apprenti journaliste et de médias. Que ce soit TF1 ou l’Usine Nouvelle, en raison de la conférence environnementale, le lobby voulait et veut avoir son mot à dire dans le pseudo-débat.
TF1.fr nous annonce un tonitruant: Le gaz de schiste pourrait créer au moins 100.000 emplois d’ici à 2020 Pourquoi pas un million, tant que nous y sommes!
Quant à l’Usine Nouvelle, la publicité GDF Suez sur le côté de l’article comme pour accéder à leur site web suffit à discréditer le magnifique « Compétitivité : Le gaz de schiste, c’est bon pour l’industrie »
Et nous avons même droit à une belle infographie, histoire de tenter de convaincre même les illettrés. (Merci à Meclalex pour l’infographie)
Une infographie dont le plus choquant reste ce chiffre bidon de 0,5% de produits chimiques et 95% d’eau, alors qu’on ignore tout de la réelle composition des saloperies chimiques nécessaires au fracking alors de la quantité exacte…

Une chose est sûr dans cette article de Challenges. Nicolas Stiel prend les gens pour des cons. A moins que ce ne soit lui, le con…

Nucléaire: Les Mauvaises Surprises… et autres Petits Secrets


On vous propose aujourd’hui un petit tour d’horizon des petites surprises bien ennuyeuses causées par le lobby du nucléaire et ses activités pour le moins nocives.

Tout le monde avait pensé à discourir sur l’EPR, en bien ou un mal. Le PS étant aussi pro-nucléaire que l’UMP – les faits passés et présents nous donnent raison – la construction a été maintenue, malgré les retards, malgré les malfaçons dénoncés par l’ASN, et non par EDF (sic!), malgré le travail dissimulé de plusieurs employés de Bouygues.
Mais ce qui était passé à la trappe n’était autre que le cordon ombilical de l’EPR au reste du réseau électrique: les lignes à haute tension.
Cette hymne au béton a effectivement besoin d’une ligne dédiée, qui impose alors l’implantation de nouveaux (magnifiques) pylônes défigurant la campagne du Cotentin, champs et bosquets.
Nombreux sont les élus locaux qui se sont ainsi opposés, l’un d’eux s’étant même mis à camper dans les bois. Mais les plus touchés restent sans nul doute les agriculteurs dont l’un a même lutté contre les CRS en s’interposant personnellement avec tracteur, famille, soutiens, vaches et taureaux!
Admirons le désastre visuel, en attendant celui de l’EPR…


Source LeMonde

Après les mutations de papillons, les rascasses radioactives! Nos jolis poissons présentent ainsi un niveau de césium simplement 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement japonais. (Césium 134 période de 2 ans / Césium 137 30 ans)
Certes si vous en mangiez un, aucune chance de mourir sur place, comme le célèbre Fugu. Mais comme la contamination s’accumule dans l’organisme, dans l’année la limite de 1mSV serait facilement dépassée.
On rappellera au passage, qu’à l’instar des substances chimiques toxiques, la dose ne fait pas le poison. Ainsi de faibles doses en-dessous des normes admissibles soumises à un organisme de manière répétée à moyen ou long terme peuvent être toutes aussi désastreuses qu’une forte dose à un instant t.
De plus, que ce soit les Doses Journalières Admissibles (communément appelées DJA) ou ces taux en millisieverts, il ne faut jamais oublier que ces normes réputées sans danger pour l’Homme ont été réalisées et établies… par les mêmes lobbies industriels auxquels s’appliquent ces normes.
Question « juge et partie », on ne peut pas mieux faire!

Et que dire de ce faux étonnement des médias: « oh des papillons, oh des poissons radioactifs ». Pourtant depuis l’après-guerre, les effets des radiations s’avèrent connues, à croire que nos gentils médias – souvent aux ordres – feignent la surprise.
Déverser des millions des mètres cubes d’eau ou d’éléments radioactifs (en tentant de refroidir les combustibles des réacteurs endommagés) ne pouvait qu’engendrer ce type d’horreur.
Alors toujours envie de manger un peu de poisson? Aucun sushi?


Source Wikipédia

Lors de son dernier communiqué du 13 août dernier, l’Observatoire du Nucléaire dénonce l’omerta des médias et en particulier du journal Libération.
En effet, étrange silence concernant l’opération de corruption pointée du doigt par un journal d’Afrique du Sud, concernant le fameux achat d’Uramin par Anne Lauvergeon pour Areva dont elle était encore la PDG. Une broutille au final pour le contribuable français : 2,5 milliards d’euros pour des mines sans valeur ou presque.
Mais le plus consternant – puisque la corruption fait partie intégrante du lobby – c’est bien l’actuel poste occupé par Anne Lauvergeon, à savoir – asseyez-vous quand même avantprésidente du conseil de surveillance… du journal Libération.
Oh que nous aimerions demander à Nicolas Demorand, disciple du flanby light à lunettes et donneur de leçons patenté en journalisme, si cela ne l’ennuie pas d’être sous la coupe d’Atomic Anne, question choix éditoriaux.

Passons d’un silence mortel à un article à faire froid dans le dos: Fukushima: Et si le pire était à venir? En cause, une petite piscine située à la centrale de Fukushima-Daiichi, tristement célèbre.
Pas de baigneurs ici, juste, 264 tonnes de barres radioactives nécessitant un refroidissement de tous les instants, et « à ciel ouvert », seulement protégés par une bâche en plastique!
Où est le problème? Trois fois rien en fait. Il suffirait d’une catastrophe naturelle supplémentaire (d’un nouveau séisme ou un simple typhon) pour éventrer cette piscine et laisser à l’air libre ces barres. Au programme, Tchernobyl X 10, 5000 fois Hiroshima.
Malheureusement pour nous, l’information ne vient pas de Greenpeace mais de la très officielle Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST).

Crise cardiaque. Un employé de TEPCO en charge de l’installation du système de stockage d’eau radioactive a succombé à un arrêt du cœur.
Selon TEPCO (Tokyo Electric Power), cette mort ne serait pas due aux radiations.
Malgré les 25,24 millisieverts seulement retrouvés sur le corps de l’intéressé, on ne peut que s’interroger sur un possible contournement des règles de sécurité. En effet,certains responsables de sous-traitants n’avaient pas hésité à demander à leurs salariés de recouvrir leur dosimètre… de plomb!
Est-ce alors utile de commenter plus encore?

Depuis 1993, l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire française a détecté 33 « défauts sous revêtement » dans les parois des cuves d’acier des centrales nucléaires françaises!
La moitié de ces fissures sont apparues sur celle de Tricastin, située pour rappel en zone sismique.
C’est à cause de ces découvertes que nos amis belges ont décidé de lancer une campagne d’investigation de leurs propres cuves à centrale nucléaire. Et ceci s’est avéré payant pour la sécurité puisqu’à la centrale n°3 de Doel près de Bruxelles, des micro-fissures ont aussi été détectées. Pour information, cette centrale est exploitée par Electrabel, filiale du groupe français GDF Suez, détenu par le milliardaire canadien et mécène de la campagne d’un certain Nicolas Sarkozy (à votre avis à quoi a servi la privation de GDF Suez?).
Au total, ce ne sont pas moins de 8 000 micro-fissures, d’une taille de 20 mm ayant provoqué… une réunion internationale (France, Suisse, Suède, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni) réunissant les clients et possesseurs de cuve du même fabricant (Rotterdamsche Droogdok Maatschappij ou RDM) aujourd’hui disparu.
Et curieusement si nos belges n’hésitent pas à renoncer purement et simplement à leur centrale par mesure de sureté, les français, toujours meilleurs que les autres, préfèrent rester sereins et surveiller les éléments potentiellement défectueux.
Question de taille de micro-fissures dit le lobby nucléaire français. Ayez confiance!

Terminons par le diesel, ce fameux diesel plébiscité par les français et imposé par les constructeurs automobiles de l’hexagone. Curieux, d’en parler dans un sujet du nucléaire?
On rappellera alors aux plus jeunes d’entre nous que si le diesel est devenu incontournable sur notre territoire, la responsabilité en revient à l’industrie de l’atome.
En effet, à partir de la fin des trente glorieuses, il a fallu trouver un nouveau marché au fioul des centrales thermiques devenues obsolètes face à la productivité et la rentabilité des centrales nucléaires. Et c’est l’automobile qui a été choisie, les taxes favorables de l’Etat aidant ce nouvel or noir… dont le potentiel cancérigène a été récemment reconnu l’OMS. Un fâcheux inconvénient historiquement ignoré par les industriels comme par nos élus bien peu regardant sinon complices sur l’autel de la préservation des emplois.
Tout ceci explique pourquoi la France peut se vanter d’avoir le parc automobile le plus diesellisé du monde comme le 2ème parc mondial de centrales nucléaires!
Deux records dont nous nous serions bien passés.

Sources:
Le Monde.fr: MicroFissures sur les cuves de 10 réacteurs et Des rascasses radioactives pêchées au large de Fukushima
Nouvel Obs: Enquête Fukushima: et si le pire était à venir
Express: Fukushima un employé décède les scientifiques craignent le pire

Haro sur le Triclosan, l’Antibactérien phare


Il aura suffit d’une nouvelle étude américaine pour enfin lancer une saine polémique sur le Triclosan. L’un des co-auteurs de l’étude effectuée sur des souris, Bruce Hammock décrit les résultats: « Nous avons été surpris par l’importance de l’altération de l’activité musculaire dans des organes très divers et à la fois dans le muscle cardiaque et dans les autres muscles ».
Malheureusement pour le citoyen lambda, on ne peut que constater une nouvelle fois le retard quasi criminel entre production industrielle et étude scientifique.
En effet, depuis plusieurs années, la liste des nuisances faites par le Triclosan, antibactérien très répandu, ne cessait de s’allonger:
– cancérigène potentiel
– perturbateur endocrinien
– résistance des bactéries

Triclosan
Source image: http://business-ethics.com/

Où le trouve-t-on?
Un peu partout, du dentifrice aux sacs poubelle en passant par la literie. Mais c’est évidemment dans le milieu de l’hygiène corporelle que l’on retrouve le plus ce composé chimique.
Ainsi on trouve sa trace dans les dentifrices, comme par exemple ceux de la marque:
Tonigencyl avec le composé Trilitol® – mélange de Triclosan et de Xylitol
– Colgate Total pour combattre la gingivite
– Signal comme on peut le voir ici accompagné de Citrate de Zinc (dans la fiche technique) ou là avec du fluor. Il est donc devenu un argument commercial. « Le Triclosan c’est bon pour la santé » semblaient nous dire les industriels.
Manque de chance, il y a des scientifiques, qui malgré les problèmes de budget, font leur travail…
Même topo chez beaucoup (mais pas tous) de bains de bouche, souvent préconisés par les dentistes en attendant de réparer une dent malade, ou après une opération…Les mêmes dentistes qui vous installent de jolis amalgames dentaires pas si inoffensifs que cela, bien au contraire!

La réaction des industriels…
Selon Psychomedia, la firme Johnson & Johnson (Aveeno, Le Petit Marseillais, Neutrogena, RoC, Rembrandt, Clean & Clear et Lubriderm) a annoncé le retrait du triclosan, des phtalates, des parabènes et des fragrances non indiquées sur les étiquettes… d’ici 2013 pour les bébés, mais seulement d’ici 2015 pour les adultes.
Une annonce rapide, histoire de marquer un grand coup, mais finalement des actions tardives comme toujours pour écouler les stocks! L’objectif des industriels étant toujours de laisser couler de l’eau sous les ponts, tant qu’un scandale ou une étude majeure n’a cassé ni les ventes, ni la réputation.

… pas si rapide que ça!
Dès l’année dernière en août dernier, le concurrent Colgate-Palmolive avait déjà remplacé le Triclosan par de l’acide lactique dans son liquide à vaisselle antibactérien (Palmolive Antibacterial Dish Liquid) et son savon à main liquide (Softsoap liquid hand soap), selon le NYT.
Inutile de chercher la coïncidence, il n’y en a pas. Les industriels demeurent parfaitement au courant des risques de leurs produits mais tergiversent grandement dès qu’il s’agit de modifier les formules de leurs produits, source de coûts supplémentaires, une fois la production lancée.

Une question d’environnement
Le risque majeur reste malgré tout pour l’environnement où une concentration importante de triclosan (dans les eaux usées notamment) « peut être nocive pour l’environnement » selon Santé Canada. D’où la réaction du gouvernement canadien (certainement suivi par bons nombre de gouvernements sensibles aux lobbies) de « mener des consultations avec l’industrie sur la possibilité de réduire volontairement le triclosan dans des produits »
Pourquoi discuter finalement, puisque le risque, pardon, les risques sont avérés. Le courage politique et la santé publique imposent de concevoir un agenda réaliste industriellement mais le plus court possible afin de supprimer totalement le Triclosan des produits manufacturés. Car, comme l’a prouvé Colgate Palmolive, des paliatifs existent d’ores et déjà.
Alors pourquoi continuer à perturber les hormones des clients (grands et petits) et polluer l’environnement?

Mais la propagande demeure
Pour en revenir aux bains de bouche au Triclosan, curieusement dans une référence en ligne fournissant des documentations pour le CNRS on peut lire:
« Grâce à ces propriétés, les bains de bouche sont utilisés pour la prévention des affections bucco-dentaires et des infections nosocomiales, d’une part et dans le traitement des lésions infectieuses ou inflammatoires d’autre part.[…] Trois molécules principales ont été étudiées dans cet article: – la chlorhexidine qui donne toujours lieu à de nombreux travaux – le triclosan d’utilisation odontologique récente et dont l’intérêt réside dans l’innocuité, et donc la possibilité de prescription à long terme, – le fluor et ses dérivés dont l’action reminéralisante est certaine, et qui sont de plus en plus intégrés dans les programmes de prévention des ministères de la santé. »
Ou comment distiller une idée fausse dans la population…scientifique de manière totalement officielle: Triclosan = Innocuité donc Traitement à long terme possible!
Bien au contraire, avec les dernières études, il faut réduire l’utilisation du Triclosan au maximum.

Les paliatifs
Pour les bains de bouche, dirigez vous vers la Listerine (sans triclosan), et mieux la version sans alcool, Listerine Zero, puisque l’alcool pris sous cette forme aurait des influences néfastes. D’où la recommandation ultime, d’utiliser des bains de bouche, quel que soit leur type, de manière ponctuelle dans le cadre d’un traitement médical.
Pour les savons, les études prouvent qu’ils ne sont pas plus efficaces que leurs homologues savons dits « traditionnels ». Un comble, ou plutôt encore une parade marketing pour nous faire payer un produit plus cher au quotidien, et finalement plus toxique pour nous et notre écosystème. Donc achetez du classique, c’est mieux pour le porte-monnaie, comme pour la Nature.
Pour les dentifrices, et d’ailleurs comme pour tout ce qui est hygiène personnelle et intime, une seule mesure sûre: préférez les produits bio!
Histoire d’éviter le maximum de composés chimiques ou les dernières folies du lobby de la chimie: les nanoparticules, présentes par exemple dans les dentifrices.

Dans la farandole de magasins d’hygiène bio sur le web, EcoloMaisJeTemmerde a pu tester et approuver: Aboneobio (choix limité et un peu cher sans abonnement annuel, mais produits de qualité), Bio des Hauts de France (énorme choix mais trop d’emballage, certes recyclés ou recyclables, à la réception)
Si vous en avez testés d’autres, n’hésitez pas à faire leur critique (positive et négative) ci-dessous, rubrique commentaire.

Plus d’infos:
Site de la Commission Européenne: Le triclosan et la résistance aux antibiotiques
Why You Should Stop Using Anything With Triclosan
The Trouble with Triclosan: Environmental Defence’s new report
Pesticide in Soap, Toothpaste and Breast Milk – Is It Kid-Safe?: EWG’s Guide to Triclosan

La Malédiction du Plastique: La Chimie C’est Plutôt la Mort


Il suffisait de regarder Arte le 7 août dernier pour comprendre, si besoin était, que « La chimie c’est la mort » en lieu et place du « la chimie, c’est la vie » de la multinationale BASF.
Dans cet excellent documentaire « La Malédiction du Plastique », le réalisateur américain nous emmène dans un périple allant des tourbillons de déchets du Pacifique à l’Europe des pays écolo-avancés (Allemagne, Danemark..), en passant par les USA et le Canada plus gros pollueurs de la planète, à l’Inde pays émergent en danger de sa propre pollution.
En fil rouge, nous avions les propos truffés de mensonges d’un membre du lobby américain de la chimie, propos qui alternaient avec les témoignages de scientifiques, membres d’associations et particuliers engagés pour faire bouger les choses comme les mentalités.

Côté négatif, nous découvrons ou redécouvrons que:
– les océans s’avèrent constellés de déchets plastiques au point de pouvoir parler de soupes plastiques, ces échantillons où il y a plus de plastiques que de nourritures marines.
– les USA produisent 50 millions de tonnes de plastique en une année… mais que seulement 5% est recyclé
– les plastiques (et plus exactement les produits chimiques incorporés dans les plastiques) produisent des gaz et substances toxiques, mutagènes et cancérigènes, avec au menu (liste non exhaustive), cancer de la prostate, anomalie du cerveau, difficulté d’apprentissage, et même dérèglement de l’expression des gènes par les phtalates, ces phtalates intégrés dans les plastiques
– qu’il y a encore en 2012 de gros problèmes de cohérences des emballages: jusqu’à 6 sortes de plastique pour un même produit qui le rendent impossible à recycler

Côté positif, les idées et initiatives privées, associatives, étatiques et scientifiques prennent heureusement le relais à divers endroits du globe:
– En Allemagne une société a développé un concept où les déchets plastiques peuvent se transformer en source d’énergie. Des bactéries mangent de l’huile de styrène (issue du polystyrène) et fabriquent du plastique! Mieux, celui-ci fait partie des plastiques 100% biodégradables!
– Au Texas, chez Tietek, on recycle les plastiques en fondant les déchets pour en faire des traverses de chemins de fer en plastique, imputrescibles, recyclables, exportables partout dans le monde puisque les gabarits de traverses restent identiques.
– A l’instar des pays nordiques et germains, il faut retourner aux systèmes de consigne qui oblige « moralement » via le porte-monnaie, les particuliers à rapporter leurs emballages recyclables.
– Citons quelques entreprises nées bien souvent d’initiatives personnelles: plantic et son bioplastique, natureworks et son plastique fabriqué à partir de plante!, patagonia et ses vêtements fabriqués à partir de plastique recyclé, biopak et ses couverts de picnic jetables biodégradables

EcoPlastique par Plantic

Veste à capuche Patagonia en polyester recyclé (à partir de bouteilles de soda, de tissus de second choix inutilisables et de vieux vêtements en polyester)

Les traverses TieTek

Source image media.paperblog.fr

Côté lobbying, le culot, le mensonge et le cynisme demeurent.
Le représentant américain interrogé ose accuser les gens d’une mauvaise éducation, de vrais « cochons », en voyant ces animaux marins morts d’avoir ingurgité du plastique.
Un peu trop facile puisqu’on retrouve aussi et souvent des granulés de résine industrielle, la source même de production de plastique.
Comme quoi les industriels et donc la filière entière sont responsables et coupables, s’attaquer systématiquement aux clients reste un raccourci stérile et stupide.
Pire, on constate que le lobby s’oppose même aux entreprises produisant du plastique recyclables. Preuve qu’il y a une mauvaise foi totale comme une inconscience. Alors que le lobby devrait justement en faire l’apologie: Non au plastique non recyclé, non biodégradable, oui aux plastiques verts!
Il faut croire que ce corporatisme a plutôt intérêt à empêcher le recyclage afin d’accroitre la dépendance et la production plastique, gage de rentabilité maximale!
Exemple concret des actions néfastes du lobby chimique: l’exemple en Inde, où les représentants locaux du gang des plastiques a forcé le gouvernement à définir d’un point de vue législatif ce qu’est un sac en plastique… pour mieux contourner la loi. Une fois l’interdiction promulguée, les industriels se sont empressés de fabriquer des poches sans anse et donc légale… « Vive le profit, non à la protection de l’environnement » semblent revendiquer les financiers de la chimie.
Si le lobby de la chimie produit du plastique, alors il devrait être obligé d’assurer le recyclage de tous les déchets plastiques en versant une cotisation à des organismes indépendants et sans but lucratif.
Cette cotisation devrait être revue chaque année suivant les volumes de déchets à traiter, ceci afin de s’adapter le plus possible au besoin réel.
En outre, la législation devrait imposer des emballages optimisés ne mélangeant pas les matériaux (plastiques, métal ou divers plastiques) et en parallèle promouvoir la fabrication et l’utilisation des plastiques verts.

Comme trop souvent, on s’aperçoit dans un simple reportage, que le problème décrit peut être résolu. Inutile d’attendre encore 15 ans, d’espérer que des scientifiques en blouse blanche cherchent et trouvent, tout en croisant les doigts.
Non, les entreprises savent déjà faire! Les plastiques biodégradables, recyclés et recyclables ne sont pas un délire d’écolo baba. Ils existent! Depuis plusieurs années, la R&D a déjà fourni les solutions industrielles au cycle de vie du plastique.
Mais le lobby de la chimie a tout intérêt à mettre des bâtons dans les roues des petites entreprises innovantes afin de garder aux multinationales leaders de la chimie leur hégémonie.
Pour le plus grand malheur de la faune comme de la flore de cette planète.

Reportage à voir sur Arte replay.

Plus d’infos ici:
TieTek et ses traverses écolos
Plantic et son bioplastique
Natureworks plastique fabriqué à partir de plante!
Patagonia et ses vêtements fabriqués à partir de plastique recyclé
Biopak et ses couverts de picnic jetables biodégradables

Duflot et Polémique sur la Légion d’Honneur: Quand le Sage désigne la lune, l’Idiot regarde le doigt


Ne tournons pas autour du pot. L’Idiot ici, c’est évidemment un certain blogueur ancré bien à droite, donnant du grain à moudre à la pire tendance fasciste de l’UMP, Lionnel Luca.
Un idiot, capable on-ne-sait-comment, par quel piston, par quel entourage, par quel lien politico-médiatique, de signer un petit article imprégné de la mauvaise foi la plus crasse et de faire naitre une polémique.
Un idiot à la mémoire bien sélective (oubliant les farandoles de hochets du temps de Sarkozy à ses amis financiers, politiques ou même intime) et à la partialité aussi énorme que pitoyable, digne des Yvan Rioufol, des Eric Brunet ou des Eric Zemmour, ces essayistes ayant essayé toute leur vie d’être journaliste sans jamais y parvenir.
Donc cet idiot a trouvé qu’il y avait beaucoup d’élus EELV dans la liste proposé par Cécile Duflot, elle-même d’EELV. Voilà, c’est tout. Quel scoop! Oui trop d’élus du même parti. Aucun UMP, aucun FN. Pingre la Cécile!
Celle-ci, ex-Secrétaire nationale de EELV, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, aura beau démentir les allégations du blogueur partisan (bien en-dessous du quota maximum: 16 élus sur les 30 nominés par Mme Duflot sur un quota de 60 nominations possibles! Parmi les élus seulement 6 EELV, 6 PS et 1 PC, 17 associatifs et professionnels du logement…)
Mais rien n’y fait. Vive l’amalgame, l’info non vérifiée, l’ignorance de la réponse de l’intéressée. C’est l’été. Plus que jamais, il faut vendre du papier, il faut faire de l’audience sur le web et ailleurs, les cerveaux déconnectés restent à la plage, alors les médias National Sarkozistes (Europe1, Atlantico, LePoint, leJDD…) s’en donnent à coeur joie… au point d’en oublier le droit d’auteur pour lePoint.fr accusé, à raison de plagiat. C’est dire l’Ethique du journal.
Le JDD gagne la médaille d’Or de la calomnie (pour rester dans leur métaphore) avec Légion d’honneur : quand Duflot distribuait 30 « médailles »

Si ce blogueur n’avait pas été un idiot, mais au contraire un Sage, un être lucide, impartial et utile à la communauté, il aurait pu désigner le vrai problème majeur de cette promotion, le côté un brin faux cul de Cécile Duflot (puisqu’il faut lui reprocher quelque chose, forcément à la bobo): Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, experte dans les cancers professionnels.
A quoi bon honorer une telle grande dame, si le reste de l’année, le corps politique se fout littéralement de son domaine d’activité?

Faisons nous l’avocat du diable
D’autant que Cécile Duflot a été nommée ministre du logement, pas de la santé, et que le lobby du BTP (y compris des matérieux) ne brille pas pour la protection de l’environnement comme de l’air des futurs occupants.
Pire, Cécile Duflot reste la fille aînée d’une professeur de… physique-chimie. Bien la « bobo » en robe à fleurs!

Alors n’ayant été défendue à temps, Annie Thébaud-Mony n’a eu d’autres choix que de refuser sa légion d’honneur (pourtant parfaitement méritée pour une fois), afin de faire entendre sa voix pour défendre sa cause: la santé du peuple.
«Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir la dégradation des conditions de travail, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques…»
Citons pour l’exemple Ferodo (racheté par Valeo récemment visité par Hollande) et son scandale de l’amiante. (à lire la dépollution des usines)


Un Hollande tout sourire qui oublie certains dossiers épineux de cette multinationale.
Source image rmc

Citons le lobby de la chimie Monsanto – Syngenta – BASF – Bayer pour les ravages de leurs produits sur l’environnement comme sur les agriculteurs et leurs familles (Parkinson reconnue comme malade professionnelle des agriculteurs depuis le 4 mai dernier, cancers en tout genre)
Citons dans l’actualité ces tapis-puzzles au formamide toxique pour les jeunes enfants.

Finalement, on se rend compte qu’il s’avère toujours plus facile de jouer les vierges effarouchées pour 6 élus EELV nominés (sur plus d’une centaine) alors que le même idiot demeurait bien silencieux en face des us et abus de l’ancien pouvoir, plus enclin à nominer les pires lobbies (au hasard Olivier Homolle, Président de BASF France, élu Président de l’Union des Industries Chimiques (UIC), Gérard Deléens ancien représentant général de Elf Aquitaine et TOTAL en Chine, assure le rôle de président de l’AICM (Association of International Chemical Manufacturers) – promo de janvier 2012), ceux-là même combattus par Annie Thébaud-Mony!
Quant à Mr Lionnel Luca, aucune réaction quand son gourou Nicolas Sarkozy nomine et épingle son ami d’enfance Jean-Marie Chaussonnière, avocat au barreau de Pontoise avec lequel il a passé « le bac B en 1973, le bac des branleurs, sans mention » dixit l’ami d’enfance ou l’avocate ayant géré son divorce avec Cécilia!

Retour sur l’écologie
Dans ce site web écolo volontairement provocateur devant la connerie humaine ambiante (d’où le « maisjetemmerde »), nous nous efforçons de dénoncer les abus des industriels et la complicité des pouvoirs publics, aveugles et sourds ou parfois même corrompus.
Question audience, on peut le confirmer, cela n’attire pas les foules, d’être rabat joie. Pas très « sexy » de parler de cancers, de nucléaire, de pesticides, de malformations ou d’OGM.
Mais devant la bêtise de certains blogueurs, préférant la facilité des attaques partisanes et personnelles, oubliant un passé honteux pas si lointain comme les sujets primordiaux, nous ne pouvons que nous opposer en utilisant les mêmes armes légales: les mots.
Rejoignant à 100%, le combat de Mme Thébaud-Mony, nous ne pouvons qu’enjoindre (une nouvelle fois) l’internaute de passage à lire et partager l’excellent livre de Marie Monique-Robin, Notre poison quotidien.

EcoloMaisJeTemmerdeJournal: Tour du Monde de l’Ecologie du Mois de Juillet


Fin du mois de juillet, il est grand temps de faire notre tour de l’Ecologie du mois! Au menu: du nucléaire, du béton, du poisson, du gaz, des semences, assaisonné d’espoir et de courage. On y va!

Energie à gogo
Pourquoi les factures d’électricité vont augmenter de 50 %
Côté nucléaire, le lobby vient de s’apercevoir qu’il n’a pas budgétisé suffisamment, ni d’éventuelles hausses des normes de sécurité (depuis la construction des centrales), ni le démantèlement, ni la gestion des déchets radioactifs. C’est dire le sérieux de ce lobby, uniquement préoccupé par le profit à court terme.
Côté hydraulique, in fine, le prix devient compétitif face au nucléaire mais c’est sans compter sur la privatisation des ouvrages pourtant propriété (car payés par) les contribuables français.
Côté éolien terrestre, l’instabilité juridique a fait baisser de 70% les implantations au premier trimestre de cette année.
Quant au photovoltaïque, il a été mis en pièce par la réduction drastique des aides et le changement des prix de revente au Kwh à EDF…
Preuve une fois encore que le Grenelle n’a été qu’un ballon de baudruche.
Le PS au pouvoir s’inscrit au milieu entre l’UMP pro nucléaire et les écolos pro-énergie renouvelable. Au PS le changement énergétique, c’est pas pour maintenant. Tout comme le courage politique.

Fukushima – Une enquête sur des compteurs de radiation truqués a été ouverte
Comme si toutes les fraudes ayant précédées et causées la catastrophe (selon le dernier rapport officiel et définitif) ne suffisaient pas, les sous-traitants de TEPCO continuent dans leur connerie la plus crasse, en jouant avec la vie des ouvriers chargés de réparer les dégâts. Un (ir)responsable d’une de ces firmes a demandé aux employés de recouvrir de plomb les dosimètres chargés justement de prévenir d’un dépassement des doses admissibles.
Pas de mort certes, mais une demande parfaitement criminelle. C’est toute une filière à rééduquer!

Pas de marge de sécurité pour payer le démantèlement du nucléaire . C’est clair, c’est dit, c’est écrit dans un épais rapport. Et on peut même enfoncer le clou avec l’Autorité de sûreté nucléaire qui précise: « il n’y a pas de marge suffisante pour couvrir les aléas et les incertitudes »
Comme disait les Inconnus dans leur sketch culte « Le nucléaire, c’est une question de confiance ». (sic!)

Tricastin: incident de niveau 1 dans une usine de transformation d’uranium d’Areva
Rassurez-vous, aucun problème. Personne n’a été blessé. L’environnement n’a pas été pollué. Tout va très bien Madame La Marquise.
« Un écart concernant la masse d’hexafluorure d’uranium contenue dans un cylindre n’a pas été détecté par les moyens de contrôle prévus à cet effet » dixit Areva.
Dans l’article de 20 minutes, relayant la dépêche AFP, on apprend à notre plus grande surprise que « cet écart de masse, bien qu’inférieur à la limite autorisée par l’arrêté préfectoral en vigueur sur le site, était supérieure à la règle interne relative »
Comment ne pas comprendre que la réglementation reste et demeure laxiste? Parce qu’en interne, l’opération du transport du petit cylindre radioactif a dû être stoppée!
Puisqu’on vous dit que ce n’est pas grave. Ayez confiance, braves gens!

Le travail c’est la santé ou… pas
Et ça continue! Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, question Ethique: EDF se voit épinglée pour des infractions au droit du travail.
Et c’est l’ASN, confirmant les allégations de salariés sous-traitants comme des employés d’EDF syndiqués, qui tape du poing sur la table:
« Sur l’ensemble du parc en exploitation », il y a « des dépassements, parfois extrêmement importants, des limites des différentes durées réglementaires du travail, et des insuffisances de repos caractérisées ». Ceci soulève des questions d’organisation « mais aussi de santé et de sécurité ».
Pas sûr qu’Henri Proglio, soucieux de la productivité à tout prix et des dividendes des actionnaires d’EDF, comprenne le message de l’ASN, l’autorité de sécurité nucléaire.
On savait qu’à HEC, les élèves n’étudiaient pas la physique nucléaire, mais visiblement, même le droit du travail reste ignoré.
Seul compte le fric, facile, à court terme.

BTP immonde
Le Groupe Vinci s’égare dans la forêt de Khimki
La construction d’une nouvelle portion d’autoroute réalisée va détruire une partie de la dernière réserve d’oxygène situé au Nord de Moscou. Derrière le consortium sorti vainqueur d’un appel d’offres truqué dans le cadre d’un Partenariat Privé Public, on retrouve le groupe français Vinci.
En plus de la forêt menacée, c’est une des dernières rivières d’eau peu polluée, la Kliazma qui s’avère en danger, d’où la rebellion des écologistes locaux.
Tout va tellement bien que devant le tollé suscité et l’opacité de la procédure d’attribution, le président Medvedev a ordonné un complément d’enquête « d’utilité publique » tout en suspendant le projet. En parallèle, devant la non-transparence de Vinci, le groupe de BTP français a été signalé le 6 février 2012 comme « non communicant» dans le cadre du projet « Global Compact » des Nations Unies. Rien que ça!
Et quand on pense que le même groupe sulfureux construit l’aéroport de Notre-Dame des Landes, il y a de quoi s’interroger sur la probité des élus locaux soutenant le projet, et notamment notre actuel 1er ministre, Jean-Marc Ayrault…
Léonard de Vinci doit se retourner dans sa tombe, s’il voyait ce qu’on fait en son nom.

Energies Renouvelables et Stockage: l’espoir
Parmi les arguments des détracteurs des énergies renouvelables et pro-nucléaire, il y a le non-stockage de l’électricité. Et oui, à quoi bon faire de l’éolien, si la nuit ou en cas d’absence de vent, vos installations électriques ne peuvent être alimentées.
Manque de chance pour ces lobbyistes, après les pays nordiques précurseurs, l’Europe entière s’organise pour enfin donner l’impulsion sur ces technologies de stockage en finançant une batterie géante. Et cocorico, c’est l’association d’une start-up française McPhy Energy et du CNRS qui permet cette innovation.
Dans les cartons, « un modèle de 100 kg début 2013, qui permettra à des industriels de disposer d’environ deux jours de back up en énergie »
Prochain jalon, ce projet européen nommé INGRID avec 1 tonne d’hydrogène solide pour obtenir un stockage de… 39 mégawattheures (MWh).
Les pro-nucléaires peuvent toujours se faire cuire un oeuf… à l’électricité verte!

Gaz de Schiste et Forage: des trous, des petits trous, encore des petits trous
Si en France, le lobbying écolo semble porter ses fruits, aux USA, rien de tel. Bien au contraire, ne résistant pas à l’appel du pognon facile, les compagnies gazières veulent forer même… dans les cimetières.
Ici pas question de profiter des feux follets, juste des poches de gaz située en-dessous, très profond sous les tombes (sic!), grâce aux forages horizontaux.
Et l’expression creuser 6 pieds sous terre prend tout son sens…

forage Gaz de Schiste sous les tombes
Source Image: le monde.fr

De l’eau dans le gaz pour un rapport
Gaz de schiste toujours. A l’instar du nucléaire, les lobbies tout puissant s’en donnent à coeur joie pour imposer leurs idées et leurs technologies.
Ainsi promis, juré, une étude scientifique et indépendante prouvait enfin l’innocuité relative des forages. Manque de chance, le géologue Charles Groat, directeur adjoint de l’Energy Institute et premier auteur du rapport fait partie du conseil de direction de PXP, une société du lobby du gaz de schiste. Pire le « scientifique » a touché près de 1.2 millions de dollars, étant actionnaire de PXP.
C’est ce qu’on appelle être pris la main dans la poche de gaz! Inutile de vous dire qu’en plus des chiffres obsolètes détectés dans le rapport, cette étude ne vaut plus rien.

Jeux Olympiques
Vous n’y réchapperez pas et ceci pour deux raisons.
La première pour les records: JO : la chasse aux records menacée par la pollution Et oui moins d’oxygène et trop d’ozone pour les poumons, les records risquent de ne pas tomber.
En même temps, faut-il s’inquiéter pour la santé des populations (dont les athlètes)? Le 25 juillet dernier le taux d’ozone atteignait 190 microgrammes par mètre cube d’air dans certaines régions du sud de l’Angleterre, alors que l’OMS impose… 100 microgrammes.
La seconde pour le côté « vert » des jeux: quand les sponsors brouillent l’image de Jeux Olympiques « verts »
Certes des efforts nombreux ont été réalisés (les déplacements « doux (marche à pied et bicyclette), construction sur des terrains vagues dépollués, béton bas carbone et 75 % d’acier en moins pour le grand stade…). Malheureusement les pires entreprises de la planète ont financé ce grand barnum: BP, Dow Chemical (la catastrophe de Bhopal), Lakshmi Mittal, propriétaire d’ArcelorMittal, et son fils ont même été honorés de transporter la flamme olympique!
Et surtout ne dites pas à nos sportifs que Rio Tinto (maintes fois épinglé pour son non-respect de l’environnement et des droits de l’Homme) a fabriqué leurs médailles.

Agriculture
Avez vous déjà vu les publicités d’Intermarché, se vantant de sa flotte de bateaux, permettant d’avoir des prix du poisson imbattables? Et bien, les pratiques immondes que cachent ces nuées de navires industriels seront bientôt interdites: Le chalutage profond bientôt interdit en Europe
Ainsi les grands armements Scapêche (groupe Intermarché), mais aussi Euronor et Dhellemmes sont dans le collimateur des écologistes comme de Bruxelles pour leurs chaluts de fond et de filets maillants de fond, car ces moyens détruisent les écosystèmes marins.

Epandages aériens de pesticides: nous demandons une réelle interdiction L’inconscience de certains élus comme leur cupidité semble sans limite.
Ainsi en 2010, le Grenelle fantoche de l’environnement interdisait les épandages aériens de saloperies chimiques, sauf en cas de dérogation. Et comme à l’accoutumée, en France, les dérogations ont explosé prouvant une fois de plus l’inutilité de ce Grenelle.
Pourquoi s’inquiéter de ces épandages? Parce qu’ils sont synonymes de dispersion de ces biocides, littéralement tueurs de vies, dont les effets sont désastreux sur toutes formes de vies, des insectes jusqu’au consommateurs en passant par les agriculteurs, leurs familles, et les riverains des champs.
Au menu: dérèglement du système hormonal, maladie neurodégénérative (tel Alzheimer ou Parkinson), cancer, allergie etc…
Merci Bayer, Monsanto, BASF pour ne citer qu’eux! Et quand on pense que le slogan de BASF est « la chimie c’est la vie ».

Les semences de variétés traditionnelles ne peuvent plus être commercialisées
Le lobby des semenciers (dont Monsanto) a gagné une bataille mais pas la guerre. Nous vivons ainsi dans un monde où les agriculteurs (ou les particuliers) n’ont plus le droit de semer ce qu’ils veulent. Chaque semence commercialisable doit répondre à un cahier des charges « puisqu’ils impliquent que les semences soient… très peu variées. Seules des variétés hybrides F1 ou des variétés lignées, quasi cloniques, répondent à ces critères, qui ont été établis dans le seul but d’augmenter la productivité selon des pratiques industrielles » selon l’association Kokopelli.
Ridicule, injuste et nuisible à la biodiversité comme à nos libertés. Le combat continue.

Hollande défend le foie gras français face aux lobbys anglosaxons Les USA c’est mal. La France c’est bien… si on en croit les agriculteurs et les élus, question alimentation.
Malheureusement le problème, comme toujours, s’avère bien plus compliqué. Ainsi en ce qui concerne la souffrance des animaux, la France n’a pas de leçon à donner aux autres pays, que ce soit pour le gavage des oies ou pour les élevages de volaille en batterie, notre beau pays étant incapable de respecter la législation européenne pourtant bien trop laxiste.
Soit la filière trouve le moyen de faire un bon foie gras, sans faire souffrir les animaux, soit la législation doit être modifiée pour arrêter la production. Est-ce compliqué à comprendre?
Ou sinon comment critiquer le massacre des dauphins par les habitants des îles Ferroés, celui des baleines par les baleiniers japonais ou la maltraitance des chiens et chats battus pour améliorer le goût suivant les coutumes chinoises?
Question de crédibilité.

Pollution: le courage du peuple chinois
L’article Victoire pour des manifestants antipollution en Chine illustre une nouvelle fois l’adage l’Union fait la force. Car même dans une dictature communiste (qui n’a plus de communiste que le nom d’ailleurs) aussi impitoyable que la Chine, le peuple peut encore se rassembler contre des projets industriels peu respectueux de l’environnement et des élus corrompus.
En parallèle, bien intelligemment, afin d’éviter toute répression, les manifestants chinois ont diffusé des messages soutenant le parti communiste chinois.
Et quelle force! Le maire soutenant le projet d’évacuation des eaux de rejet de l’usine de pâte à papier a été partiellement dévêtu et exhibé sur la voie publique. Preuve s’il en était besoin, que la corruption a un lien étroit avec les agressions (industrielles) contre l’environnement, comme le soulignait durant la campagne présidentielle (en vain?) une certaine Eva Joly, magistrate anti-corruption.

Si l’EcoloMaisJeTemmerdeJournal du mois de Juillet était à votre goût, l’édition de juin reste disponible.

Nucléaire: La Catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 reconnue officiellement d’origine 100% humaine!


Dans son rapport publié ce jeudi, la commission d’enquête japonaise a conclu que la catastrophe nucléaire de Fukushima est le pur produit d’erreurs volontaires ou involontaires humaines.
Après 6 mois d’enquête, 900 heures d’audition auprès de plus de mille personnes, on peut y lire ainsi que « l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et Tepco, et le manque de gouvernance de ces instances »
Les experts pointent ainsi du doigt:
– les réticences à adopter les normes de sécurité internationales
« une ignorance et une arrogance impardonnables » comme « un mépris pour la sécurité du public »
Ce rapport en déduit donc que le tremblement de terre et le tsunami n’aurait jamais dû suffire à causer un tel désastre. Ce sont bien le non-respect des normes internationales comme les fraudes qui ont entrainés une fin aussi tragique.
Dès décembre 2011 dans un rapport d’experts indépendants de Tepco plusieurs points étaient déjà dénoncés:
« Certaines réactions ont été insuffisantes » notamment vis-à-vis de la prévention des explosions d’hydrogène
– des « moyens désespérés » en raison d’une absence de réelle préparation
– absence de « plan de gestion d’accident » basé sur un scénario de perte totale d’électricité
– le bâtiment servant de QG à la coordination des moyens en cas d’urgence nucléaire n’était pas capable de supporter de hauts niveaux de radiation (sic!)

De plus, peu après la catastrophe, TEPCO avait reconnu la falsification de 29 rapports concernant l’état de ses centrales nucléaires depuis la fin des années 1980.
Pire TEPCO a admis n’avoir effectué aucune des inspections pourtant obligatoires… depuis 2001!

Enfin le gouvernement japonais de l’époque et TEPCO travaillant main dans la main, ce couple tragique n’a pas été épargné par les critiques des experts:
– de graves problèmes de communication au QG de Tokyo, entre le bureau du premier ministre situé au 5ème étage et le centre de gestion de crise implanté pourtant au sous sol du même bâtiment
« aucun technicien de TEPCO, pas plus que de spécialiste des procédures d’urgence n’était présent » auprès de l’ancien premier ministre pendant la crise
– un programme de consignes en cas d’urgence nucléaire, le SPEEDI, prévu, financé et réalisé, mais malheureusement non utilisé juste après la catastrophe!
D’où la démission du premier ministre, Naoto Kan, à la suite de ces événements puis ses récentes révélations contre l’énergie nucléaire:
“Puisque l’accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l’Etat”
“l’énergie nucléaire la plus sûre est celle dont on ne dépend pas. Autrement dit il faut se défaire de l’énergie nucléaire”

Une autre vision, côté lobby nucléaire
Dans son rapport, Tepco, la société gestionnaire des réacteurs de la centrale de Fukushima, met au contraire toute la responsabilité sur le tsunami, cause principale du désastre. Seule concession: un manque de préparation de la part de la société. Consternant mais peu surprenant…puisqu’en France malgré la tragédie, le mot d’ordre dès le lendemain de la catastrophe a été la minimisation de la catastrophe requalifiée en simple « accident » par Nicolas Sarkozy et Eric Besson.
Ajoutant le cynisme à son incompétence notoire, le ministre de l’industrie de l’époque, s’était même dit « rassuré » lors d’un déplacement officiel sur place. A sa décharge, lui au moins, avait fait cet effort, contrairement au mythomane Nicolas Sarkozy prétendant en plein meeting durant sa campagne 2012, y s’être rendu…mais confondant Tokyo et Fukushima, distant de 250 Km: un mensonge dénoncé au Japon.
Côté français justement, chez Areva, d’ailleurs fournisseur du combustible MOX (hautement cancérigène en cas d’explosion et diffusion) présent dans le réacteur 3 de Fukushima, malgré les rapports, l’heure reste à la dédramatisation, à la culpabilité de Mère Nature comme à l’absence de risque zéro.
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à parcourir leur site web:
– « La nouvelle génération – dite « génération III » – a tiré les leçons des accidents nucléaires de Three Mile Island aux États-Unis (1979), de Tchernobyl en Ukraine (1986) et des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. » Quid de Fukushima? Rien aucune leçon alors que les premiers rapports datent de décembre 2011?
– Le résumé officiel « que s’est il passé à Fukushima? », à la sauce Areva:
Le 11 mars 2011, la centrale japonaise de Fukushima – six réacteurs – a subi deux catastrophes naturelles, totalement exceptionnelles. D’abord un séisme de magnitude 9, le plus violent au Japon depuis 1900 ; puis un tsunami avec des vagues de plus de 13 mètres sur cette portion de la côte. Le séisme a conduit à l’arrêt automatique et immédiat des trois réacteurs alors en activité, comme prévu par les dispositifs de sûreté.
Mais il a également interrompu l’alimentation principale en électricité, qui permet d’acheminer l’eau nécessaire au refroidissement des cœurs de réacteurs. Trois quarts d’heure après le séisme, le tsunami a noyé les dispositifs électriques de secours qui auraient permis de maintenir la température sous contrôle et obturé les prises d’eau et de refroidissement en mer.
Dans les trois réacteurs, faute de refroidissement, les cœurs se sont mis à fondre. La pression en hydrogène – inflammable – et en vapeur est montée. En explosant, l’hydrogène a soufflé le haut des bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4, libérant des matières radioactives dans l’environnement. L’océan a été contaminé. Les populations ont pu être évacuées dans un rayon de 20 km. Aujourd’hui, les cœurs sont refroidis en circuit fermé et l’enveloppe des réacteurs endommagés est en cours de construction. La zone des 20 km reste interdite.

Comme vous pouvez le constater, rien sur les fraudes reconnues de Tepco ayant entraîné des systèmes de secours inopérants, rien sur l’absence de préparation, rien sur l’inorganisation totale, juste le vilain tsunami cause de toutes les pannes.
A quand un communiqué officiel d’Areva voire une mise à jour du site web avec le nouveau rapport japonais? Rêvons…

De Fukushima à Flamanville en passant par Fessenheim…
Fraudes, mensonges, arrogance, incompétence, inorganisation. Les critiques à l’encontre de Tepco et le gouvernement japonais se révèlent nombreuses, démontrées et reconnues.
Devra-t-on attendre une tragédie aussi grave que Fukushima pour que le lobby nucléaire made in France (Areva, EDF, GDF Suez, Bouygues, Etat) soit enfin obligé à la plus grande transparence et à une rigueur digne de ce nom? Rien n’est moins sûr.
En attendant le peuple français doit vivre avec pas moins de 58 réacteurs qui constituent autant d’épées de Damoclès au-dessus de sa tête. Ayez confiance…

Sources:
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120705.REU0510/l-accident-de-fukushima-serait-le-resultat-d-une-collusion.html
http://www.franceinfo.fr/monde-tremblement-de-terre/fukushima%C2%A0-certaines-reactions-ont-ete-insuffisantes-selon-tepco-462079-2011-12-02
http://www.bastamag.net/article1897.html
http://fukushima.over-blog.fr/article-eric-besson-est-rassure-nous-pas-du-tout-99812585.html
http://www.michele-rivasi.eu/a-la-une/visite-deric-besson-a-fukushima-en-pleine-campagne-presidentielle-la-desinformation-continue/
http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/31/1047886-des-rapports-falsifies-par-tepco.html
http://blog.mondediplo.net/2012-01-20-Fukushima-un-rapport-qui-accuse-le-gouvernement?archives=toutes
http://www.areva.com/group/liblocal/docs/Guide-AREVA/que-sest-il-passe-a-fukushima.html