EcoloMaisJeTemmerdeJournal: Tour du Monde de l’Ecologie du Mois de Juillet


Fin du mois de juillet, il est grand temps de faire notre tour de l’Ecologie du mois! Au menu: du nucléaire, du béton, du poisson, du gaz, des semences, assaisonné d’espoir et de courage. On y va!

Energie à gogo
Pourquoi les factures d’électricité vont augmenter de 50 %
Côté nucléaire, le lobby vient de s’apercevoir qu’il n’a pas budgétisé suffisamment, ni d’éventuelles hausses des normes de sécurité (depuis la construction des centrales), ni le démantèlement, ni la gestion des déchets radioactifs. C’est dire le sérieux de ce lobby, uniquement préoccupé par le profit à court terme.
Côté hydraulique, in fine, le prix devient compétitif face au nucléaire mais c’est sans compter sur la privatisation des ouvrages pourtant propriété (car payés par) les contribuables français.
Côté éolien terrestre, l’instabilité juridique a fait baisser de 70% les implantations au premier trimestre de cette année.
Quant au photovoltaïque, il a été mis en pièce par la réduction drastique des aides et le changement des prix de revente au Kwh à EDF…
Preuve une fois encore que le Grenelle n’a été qu’un ballon de baudruche.
Le PS au pouvoir s’inscrit au milieu entre l’UMP pro nucléaire et les écolos pro-énergie renouvelable. Au PS le changement énergétique, c’est pas pour maintenant. Tout comme le courage politique.

Fukushima – Une enquête sur des compteurs de radiation truqués a été ouverte
Comme si toutes les fraudes ayant précédées et causées la catastrophe (selon le dernier rapport officiel et définitif) ne suffisaient pas, les sous-traitants de TEPCO continuent dans leur connerie la plus crasse, en jouant avec la vie des ouvriers chargés de réparer les dégâts. Un (ir)responsable d’une de ces firmes a demandé aux employés de recouvrir de plomb les dosimètres chargés justement de prévenir d’un dépassement des doses admissibles.
Pas de mort certes, mais une demande parfaitement criminelle. C’est toute une filière à rééduquer!

Pas de marge de sécurité pour payer le démantèlement du nucléaire . C’est clair, c’est dit, c’est écrit dans un épais rapport. Et on peut même enfoncer le clou avec l’Autorité de sûreté nucléaire qui précise: « il n’y a pas de marge suffisante pour couvrir les aléas et les incertitudes »
Comme disait les Inconnus dans leur sketch culte « Le nucléaire, c’est une question de confiance ». (sic!)

Tricastin: incident de niveau 1 dans une usine de transformation d’uranium d’Areva
Rassurez-vous, aucun problème. Personne n’a été blessé. L’environnement n’a pas été pollué. Tout va très bien Madame La Marquise.
« Un écart concernant la masse d’hexafluorure d’uranium contenue dans un cylindre n’a pas été détecté par les moyens de contrôle prévus à cet effet » dixit Areva.
Dans l’article de 20 minutes, relayant la dépêche AFP, on apprend à notre plus grande surprise que « cet écart de masse, bien qu’inférieur à la limite autorisée par l’arrêté préfectoral en vigueur sur le site, était supérieure à la règle interne relative »
Comment ne pas comprendre que la réglementation reste et demeure laxiste? Parce qu’en interne, l’opération du transport du petit cylindre radioactif a dû être stoppée!
Puisqu’on vous dit que ce n’est pas grave. Ayez confiance, braves gens!

Le travail c’est la santé ou… pas
Et ça continue! Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, question Ethique: EDF se voit épinglée pour des infractions au droit du travail.
Et c’est l’ASN, confirmant les allégations de salariés sous-traitants comme des employés d’EDF syndiqués, qui tape du poing sur la table:
« Sur l’ensemble du parc en exploitation », il y a « des dépassements, parfois extrêmement importants, des limites des différentes durées réglementaires du travail, et des insuffisances de repos caractérisées ». Ceci soulève des questions d’organisation « mais aussi de santé et de sécurité ».
Pas sûr qu’Henri Proglio, soucieux de la productivité à tout prix et des dividendes des actionnaires d’EDF, comprenne le message de l’ASN, l’autorité de sécurité nucléaire.
On savait qu’à HEC, les élèves n’étudiaient pas la physique nucléaire, mais visiblement, même le droit du travail reste ignoré.
Seul compte le fric, facile, à court terme.

BTP immonde
Le Groupe Vinci s’égare dans la forêt de Khimki
La construction d’une nouvelle portion d’autoroute réalisée va détruire une partie de la dernière réserve d’oxygène situé au Nord de Moscou. Derrière le consortium sorti vainqueur d’un appel d’offres truqué dans le cadre d’un Partenariat Privé Public, on retrouve le groupe français Vinci.
En plus de la forêt menacée, c’est une des dernières rivières d’eau peu polluée, la Kliazma qui s’avère en danger, d’où la rebellion des écologistes locaux.
Tout va tellement bien que devant le tollé suscité et l’opacité de la procédure d’attribution, le président Medvedev a ordonné un complément d’enquête « d’utilité publique » tout en suspendant le projet. En parallèle, devant la non-transparence de Vinci, le groupe de BTP français a été signalé le 6 février 2012 comme « non communicant» dans le cadre du projet « Global Compact » des Nations Unies. Rien que ça!
Et quand on pense que le même groupe sulfureux construit l’aéroport de Notre-Dame des Landes, il y a de quoi s’interroger sur la probité des élus locaux soutenant le projet, et notamment notre actuel 1er ministre, Jean-Marc Ayrault…
Léonard de Vinci doit se retourner dans sa tombe, s’il voyait ce qu’on fait en son nom.

Energies Renouvelables et Stockage: l’espoir
Parmi les arguments des détracteurs des énergies renouvelables et pro-nucléaire, il y a le non-stockage de l’électricité. Et oui, à quoi bon faire de l’éolien, si la nuit ou en cas d’absence de vent, vos installations électriques ne peuvent être alimentées.
Manque de chance pour ces lobbyistes, après les pays nordiques précurseurs, l’Europe entière s’organise pour enfin donner l’impulsion sur ces technologies de stockage en finançant une batterie géante. Et cocorico, c’est l’association d’une start-up française McPhy Energy et du CNRS qui permet cette innovation.
Dans les cartons, « un modèle de 100 kg début 2013, qui permettra à des industriels de disposer d’environ deux jours de back up en énergie »
Prochain jalon, ce projet européen nommé INGRID avec 1 tonne d’hydrogène solide pour obtenir un stockage de… 39 mégawattheures (MWh).
Les pro-nucléaires peuvent toujours se faire cuire un oeuf… à l’électricité verte!

Gaz de Schiste et Forage: des trous, des petits trous, encore des petits trous
Si en France, le lobbying écolo semble porter ses fruits, aux USA, rien de tel. Bien au contraire, ne résistant pas à l’appel du pognon facile, les compagnies gazières veulent forer même… dans les cimetières.
Ici pas question de profiter des feux follets, juste des poches de gaz située en-dessous, très profond sous les tombes (sic!), grâce aux forages horizontaux.
Et l’expression creuser 6 pieds sous terre prend tout son sens…

forage Gaz de Schiste sous les tombes
Source Image: le monde.fr

De l’eau dans le gaz pour un rapport
Gaz de schiste toujours. A l’instar du nucléaire, les lobbies tout puissant s’en donnent à coeur joie pour imposer leurs idées et leurs technologies.
Ainsi promis, juré, une étude scientifique et indépendante prouvait enfin l’innocuité relative des forages. Manque de chance, le géologue Charles Groat, directeur adjoint de l’Energy Institute et premier auteur du rapport fait partie du conseil de direction de PXP, une société du lobby du gaz de schiste. Pire le « scientifique » a touché près de 1.2 millions de dollars, étant actionnaire de PXP.
C’est ce qu’on appelle être pris la main dans la poche de gaz! Inutile de vous dire qu’en plus des chiffres obsolètes détectés dans le rapport, cette étude ne vaut plus rien.

Jeux Olympiques
Vous n’y réchapperez pas et ceci pour deux raisons.
La première pour les records: JO : la chasse aux records menacée par la pollution Et oui moins d’oxygène et trop d’ozone pour les poumons, les records risquent de ne pas tomber.
En même temps, faut-il s’inquiéter pour la santé des populations (dont les athlètes)? Le 25 juillet dernier le taux d’ozone atteignait 190 microgrammes par mètre cube d’air dans certaines régions du sud de l’Angleterre, alors que l’OMS impose… 100 microgrammes.
La seconde pour le côté « vert » des jeux: quand les sponsors brouillent l’image de Jeux Olympiques « verts »
Certes des efforts nombreux ont été réalisés (les déplacements « doux (marche à pied et bicyclette), construction sur des terrains vagues dépollués, béton bas carbone et 75 % d’acier en moins pour le grand stade…). Malheureusement les pires entreprises de la planète ont financé ce grand barnum: BP, Dow Chemical (la catastrophe de Bhopal), Lakshmi Mittal, propriétaire d’ArcelorMittal, et son fils ont même été honorés de transporter la flamme olympique!
Et surtout ne dites pas à nos sportifs que Rio Tinto (maintes fois épinglé pour son non-respect de l’environnement et des droits de l’Homme) a fabriqué leurs médailles.

Agriculture
Avez vous déjà vu les publicités d’Intermarché, se vantant de sa flotte de bateaux, permettant d’avoir des prix du poisson imbattables? Et bien, les pratiques immondes que cachent ces nuées de navires industriels seront bientôt interdites: Le chalutage profond bientôt interdit en Europe
Ainsi les grands armements Scapêche (groupe Intermarché), mais aussi Euronor et Dhellemmes sont dans le collimateur des écologistes comme de Bruxelles pour leurs chaluts de fond et de filets maillants de fond, car ces moyens détruisent les écosystèmes marins.

Epandages aériens de pesticides: nous demandons une réelle interdiction L’inconscience de certains élus comme leur cupidité semble sans limite.
Ainsi en 2010, le Grenelle fantoche de l’environnement interdisait les épandages aériens de saloperies chimiques, sauf en cas de dérogation. Et comme à l’accoutumée, en France, les dérogations ont explosé prouvant une fois de plus l’inutilité de ce Grenelle.
Pourquoi s’inquiéter de ces épandages? Parce qu’ils sont synonymes de dispersion de ces biocides, littéralement tueurs de vies, dont les effets sont désastreux sur toutes formes de vies, des insectes jusqu’au consommateurs en passant par les agriculteurs, leurs familles, et les riverains des champs.
Au menu: dérèglement du système hormonal, maladie neurodégénérative (tel Alzheimer ou Parkinson), cancer, allergie etc…
Merci Bayer, Monsanto, BASF pour ne citer qu’eux! Et quand on pense que le slogan de BASF est « la chimie c’est la vie ».

Les semences de variétés traditionnelles ne peuvent plus être commercialisées
Le lobby des semenciers (dont Monsanto) a gagné une bataille mais pas la guerre. Nous vivons ainsi dans un monde où les agriculteurs (ou les particuliers) n’ont plus le droit de semer ce qu’ils veulent. Chaque semence commercialisable doit répondre à un cahier des charges « puisqu’ils impliquent que les semences soient… très peu variées. Seules des variétés hybrides F1 ou des variétés lignées, quasi cloniques, répondent à ces critères, qui ont été établis dans le seul but d’augmenter la productivité selon des pratiques industrielles » selon l’association Kokopelli.
Ridicule, injuste et nuisible à la biodiversité comme à nos libertés. Le combat continue.

Hollande défend le foie gras français face aux lobbys anglosaxons Les USA c’est mal. La France c’est bien… si on en croit les agriculteurs et les élus, question alimentation.
Malheureusement le problème, comme toujours, s’avère bien plus compliqué. Ainsi en ce qui concerne la souffrance des animaux, la France n’a pas de leçon à donner aux autres pays, que ce soit pour le gavage des oies ou pour les élevages de volaille en batterie, notre beau pays étant incapable de respecter la législation européenne pourtant bien trop laxiste.
Soit la filière trouve le moyen de faire un bon foie gras, sans faire souffrir les animaux, soit la législation doit être modifiée pour arrêter la production. Est-ce compliqué à comprendre?
Ou sinon comment critiquer le massacre des dauphins par les habitants des îles Ferroés, celui des baleines par les baleiniers japonais ou la maltraitance des chiens et chats battus pour améliorer le goût suivant les coutumes chinoises?
Question de crédibilité.

Pollution: le courage du peuple chinois
L’article Victoire pour des manifestants antipollution en Chine illustre une nouvelle fois l’adage l’Union fait la force. Car même dans une dictature communiste (qui n’a plus de communiste que le nom d’ailleurs) aussi impitoyable que la Chine, le peuple peut encore se rassembler contre des projets industriels peu respectueux de l’environnement et des élus corrompus.
En parallèle, bien intelligemment, afin d’éviter toute répression, les manifestants chinois ont diffusé des messages soutenant le parti communiste chinois.
Et quelle force! Le maire soutenant le projet d’évacuation des eaux de rejet de l’usine de pâte à papier a été partiellement dévêtu et exhibé sur la voie publique. Preuve s’il en était besoin, que la corruption a un lien étroit avec les agressions (industrielles) contre l’environnement, comme le soulignait durant la campagne présidentielle (en vain?) une certaine Eva Joly, magistrate anti-corruption.

Si l’EcoloMaisJeTemmerdeJournal du mois de Juillet était à votre goût, l’édition de juin reste disponible.

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Nucléaire: La Catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 reconnue officiellement d’origine 100% humaine!


Dans son rapport publié ce jeudi, la commission d’enquête japonaise a conclu que la catastrophe nucléaire de Fukushima est le pur produit d’erreurs volontaires ou involontaires humaines.
Après 6 mois d’enquête, 900 heures d’audition auprès de plus de mille personnes, on peut y lire ainsi que « l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et Tepco, et le manque de gouvernance de ces instances »
Les experts pointent ainsi du doigt:
– les réticences à adopter les normes de sécurité internationales
« une ignorance et une arrogance impardonnables » comme « un mépris pour la sécurité du public »
Ce rapport en déduit donc que le tremblement de terre et le tsunami n’aurait jamais dû suffire à causer un tel désastre. Ce sont bien le non-respect des normes internationales comme les fraudes qui ont entrainés une fin aussi tragique.
Dès décembre 2011 dans un rapport d’experts indépendants de Tepco plusieurs points étaient déjà dénoncés:
« Certaines réactions ont été insuffisantes » notamment vis-à-vis de la prévention des explosions d’hydrogène
– des « moyens désespérés » en raison d’une absence de réelle préparation
– absence de « plan de gestion d’accident » basé sur un scénario de perte totale d’électricité
– le bâtiment servant de QG à la coordination des moyens en cas d’urgence nucléaire n’était pas capable de supporter de hauts niveaux de radiation (sic!)

De plus, peu après la catastrophe, TEPCO avait reconnu la falsification de 29 rapports concernant l’état de ses centrales nucléaires depuis la fin des années 1980.
Pire TEPCO a admis n’avoir effectué aucune des inspections pourtant obligatoires… depuis 2001!

Enfin le gouvernement japonais de l’époque et TEPCO travaillant main dans la main, ce couple tragique n’a pas été épargné par les critiques des experts:
– de graves problèmes de communication au QG de Tokyo, entre le bureau du premier ministre situé au 5ème étage et le centre de gestion de crise implanté pourtant au sous sol du même bâtiment
« aucun technicien de TEPCO, pas plus que de spécialiste des procédures d’urgence n’était présent » auprès de l’ancien premier ministre pendant la crise
– un programme de consignes en cas d’urgence nucléaire, le SPEEDI, prévu, financé et réalisé, mais malheureusement non utilisé juste après la catastrophe!
D’où la démission du premier ministre, Naoto Kan, à la suite de ces événements puis ses récentes révélations contre l’énergie nucléaire:
“Puisque l’accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l’Etat”
“l’énergie nucléaire la plus sûre est celle dont on ne dépend pas. Autrement dit il faut se défaire de l’énergie nucléaire”

Une autre vision, côté lobby nucléaire
Dans son rapport, Tepco, la société gestionnaire des réacteurs de la centrale de Fukushima, met au contraire toute la responsabilité sur le tsunami, cause principale du désastre. Seule concession: un manque de préparation de la part de la société. Consternant mais peu surprenant…puisqu’en France malgré la tragédie, le mot d’ordre dès le lendemain de la catastrophe a été la minimisation de la catastrophe requalifiée en simple « accident » par Nicolas Sarkozy et Eric Besson.
Ajoutant le cynisme à son incompétence notoire, le ministre de l’industrie de l’époque, s’était même dit « rassuré » lors d’un déplacement officiel sur place. A sa décharge, lui au moins, avait fait cet effort, contrairement au mythomane Nicolas Sarkozy prétendant en plein meeting durant sa campagne 2012, y s’être rendu…mais confondant Tokyo et Fukushima, distant de 250 Km: un mensonge dénoncé au Japon.
Côté français justement, chez Areva, d’ailleurs fournisseur du combustible MOX (hautement cancérigène en cas d’explosion et diffusion) présent dans le réacteur 3 de Fukushima, malgré les rapports, l’heure reste à la dédramatisation, à la culpabilité de Mère Nature comme à l’absence de risque zéro.
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à parcourir leur site web:
– « La nouvelle génération – dite « génération III » – a tiré les leçons des accidents nucléaires de Three Mile Island aux États-Unis (1979), de Tchernobyl en Ukraine (1986) et des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. » Quid de Fukushima? Rien aucune leçon alors que les premiers rapports datent de décembre 2011?
– Le résumé officiel « que s’est il passé à Fukushima? », à la sauce Areva:
Le 11 mars 2011, la centrale japonaise de Fukushima – six réacteurs – a subi deux catastrophes naturelles, totalement exceptionnelles. D’abord un séisme de magnitude 9, le plus violent au Japon depuis 1900 ; puis un tsunami avec des vagues de plus de 13 mètres sur cette portion de la côte. Le séisme a conduit à l’arrêt automatique et immédiat des trois réacteurs alors en activité, comme prévu par les dispositifs de sûreté.
Mais il a également interrompu l’alimentation principale en électricité, qui permet d’acheminer l’eau nécessaire au refroidissement des cœurs de réacteurs. Trois quarts d’heure après le séisme, le tsunami a noyé les dispositifs électriques de secours qui auraient permis de maintenir la température sous contrôle et obturé les prises d’eau et de refroidissement en mer.
Dans les trois réacteurs, faute de refroidissement, les cœurs se sont mis à fondre. La pression en hydrogène – inflammable – et en vapeur est montée. En explosant, l’hydrogène a soufflé le haut des bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4, libérant des matières radioactives dans l’environnement. L’océan a été contaminé. Les populations ont pu être évacuées dans un rayon de 20 km. Aujourd’hui, les cœurs sont refroidis en circuit fermé et l’enveloppe des réacteurs endommagés est en cours de construction. La zone des 20 km reste interdite.

Comme vous pouvez le constater, rien sur les fraudes reconnues de Tepco ayant entraîné des systèmes de secours inopérants, rien sur l’absence de préparation, rien sur l’inorganisation totale, juste le vilain tsunami cause de toutes les pannes.
A quand un communiqué officiel d’Areva voire une mise à jour du site web avec le nouveau rapport japonais? Rêvons…

De Fukushima à Flamanville en passant par Fessenheim…
Fraudes, mensonges, arrogance, incompétence, inorganisation. Les critiques à l’encontre de Tepco et le gouvernement japonais se révèlent nombreuses, démontrées et reconnues.
Devra-t-on attendre une tragédie aussi grave que Fukushima pour que le lobby nucléaire made in France (Areva, EDF, GDF Suez, Bouygues, Etat) soit enfin obligé à la plus grande transparence et à une rigueur digne de ce nom? Rien n’est moins sûr.
En attendant le peuple français doit vivre avec pas moins de 58 réacteurs qui constituent autant d’épées de Damoclès au-dessus de sa tête. Ayez confiance…

Sources:
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120705.REU0510/l-accident-de-fukushima-serait-le-resultat-d-une-collusion.html
http://www.franceinfo.fr/monde-tremblement-de-terre/fukushima%C2%A0-certaines-reactions-ont-ete-insuffisantes-selon-tepco-462079-2011-12-02
http://www.bastamag.net/article1897.html
http://fukushima.over-blog.fr/article-eric-besson-est-rassure-nous-pas-du-tout-99812585.html
http://www.michele-rivasi.eu/a-la-une/visite-deric-besson-a-fukushima-en-pleine-campagne-presidentielle-la-desinformation-continue/
http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/31/1047886-des-rapports-falsifies-par-tepco.html
http://blog.mondediplo.net/2012-01-20-Fukushima-un-rapport-qui-accuse-le-gouvernement?archives=toutes
http://www.areva.com/group/liblocal/docs/Guide-AREVA/que-sest-il-passe-a-fukushima.html

Fukushima: Quand L’Ancien Premier Ministre Japonais Se Prononce Contre le Nucléaire


Si le Monde et notamment la France, acteur majeur du lobby nucléaire, oublie peu à peu le drame de Fukushima, les japonais font leur mea culpa tout en essayant de s’adapter à cette nouvelle contrainte écologique.
A commencer par l’ancien premier ministre japonais Naoto Kan, qui a reconnu bien plus que la morale la plus élémentaire lui imposait:
« Puisque l’accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l’Etat »
« Le fait que Tepco ait songé à partir a été le détonateur pour créer le 15 mars une cellule au sein du gouvernement afin de piloter la gestion l’accident »
« l’énergie nucléaire la plus sûre est celle dont on ne dépend pas. Autrement dit il faut se défaire de l’énergie nucléaire ».

Grâce à un tel témoignage aussi officiel que courageux, c’est enfin le bon sens qui revient sur le devant de la scène.
Une entreprise privée ne peut pas gérer un service public aussi exigeant en terme de sécurité. Ce type de technologie demeure totalement incompatible avec les impératifs de productivité et de rentabilité imposés par les appétits des actionnaires comme des agences de notation.
Le nucléaire est une industrie, une technologie trop risquée environnementalement parlant par rapport aux avantages retirés.
Si nous prenons l’exemple de l’explosion accidentelle d’une centrale thermique au gaz, il y aurait certes de nombreuses victimes mais toute une région ne serait pas polluée pour des milliers d’années! Pas de malformations, ni de cancers pour les générations suivantes.
Si nous prenons l’exemple de la pharmacovigilance, en comparant le nucléaire à un médicament, celui-ci devrait être retiré immédiatement du marché!
Certains se demandent comment de tels politiciens, pourtant intelligents, raisonnables ont pu se voir imposer de tels choix technologiques pour leur pays.
Répondons simplement: le lobbying, intense, brutal, sournois et financièrement puissant sait convaincre.

En parallèle de ce revirement de l’ancien premier ministre, nous apprenions que les fuites radioactives lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima (et non un simple accident comme osait dire Eric Besson, ex-ministre fantoche de l’industrie) avaient été sous-estimées. Entre le 2 et le 31 mars 2011, ce sont près de 900 000 terabecquerels qui ont été rejetés par les 3 réacteurs en fusion. 2,5 fois plus important que les premiers chiffres annoncés, une erreur ayant empêché une évacuation appropriée des habitants. Officiellement elle est due à la destruction des capteurs les plus proches et donc les plus fiables durant les événements.
Mais on peut aussi se poser la question, bien légitime, si les autorités, comme les éminences grises du lobby nucléaire n’avaient pas intérêt à minimiser la catastrophe.

Tout aussi grave et parfaitement prévisible, la pêche en Californie de thons rouges contaminés par les particules radioactives de Fukushima, démontrant alors que les animaux migrateurs s’avèrent être des vecteurs majeurs de propagation des radionucléides.

Terminons par cette annonce aussi insolite qu’utile, la mise au point et la vente prochaine de téléphones portables capables de détecter la radioactivité.
Le patron de la Softbank a ainsi expliqué qu’ « Avec ce mobile, une pression sur un bouton suffit pour mesurer simplement les radiations en un lieu donné, lesquelles sont exprimées en microsieverts par heure ». Ce sont ici les rayons gamma qui sont détectés par une puce Sharp pour une radioactivité s’échelonnant de 0,05 microsievert/h à 9,99 microsieverts/h.
En déduire que cet outil a certainement été produit pour les pauvres japonaises et japonais. Puisque l’élite nipponne a eu le bon goût de s’acheter une ville… en Inde.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, le nucléaire vous rendra malade…ou pas! »

Sources:
Fukushima: l’ancien Premier-ministre reconnaît la responsabilité de l’Etat mais plaide sa cause
Selon Naoto Kan, le mythe d’une énergie nucléaire sûre, économique et propre a volé en éclat après la catastrophe de Fukushima
Un an après Fukushima, le Japon manifeste contre le nucléaire
Les fuites radioactives de Fukushima ont été beaucoup plus fortes qu’annoncé