Fukushima: Quand L’Ancien Premier Ministre Japonais Se Prononce Contre le Nucléaire


Si le Monde et notamment la France, acteur majeur du lobby nucléaire, oublie peu à peu le drame de Fukushima, les japonais font leur mea culpa tout en essayant de s’adapter à cette nouvelle contrainte écologique.
A commencer par l’ancien premier ministre japonais Naoto Kan, qui a reconnu bien plus que la morale la plus élémentaire lui imposait:
« Puisque l’accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l’Etat »
« Le fait que Tepco ait songé à partir a été le détonateur pour créer le 15 mars une cellule au sein du gouvernement afin de piloter la gestion l’accident »
« l’énergie nucléaire la plus sûre est celle dont on ne dépend pas. Autrement dit il faut se défaire de l’énergie nucléaire ».

Grâce à un tel témoignage aussi officiel que courageux, c’est enfin le bon sens qui revient sur le devant de la scène.
Une entreprise privée ne peut pas gérer un service public aussi exigeant en terme de sécurité. Ce type de technologie demeure totalement incompatible avec les impératifs de productivité et de rentabilité imposés par les appétits des actionnaires comme des agences de notation.
Le nucléaire est une industrie, une technologie trop risquée environnementalement parlant par rapport aux avantages retirés.
Si nous prenons l’exemple de l’explosion accidentelle d’une centrale thermique au gaz, il y aurait certes de nombreuses victimes mais toute une région ne serait pas polluée pour des milliers d’années! Pas de malformations, ni de cancers pour les générations suivantes.
Si nous prenons l’exemple de la pharmacovigilance, en comparant le nucléaire à un médicament, celui-ci devrait être retiré immédiatement du marché!
Certains se demandent comment de tels politiciens, pourtant intelligents, raisonnables ont pu se voir imposer de tels choix technologiques pour leur pays.
Répondons simplement: le lobbying, intense, brutal, sournois et financièrement puissant sait convaincre.

En parallèle de ce revirement de l’ancien premier ministre, nous apprenions que les fuites radioactives lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima (et non un simple accident comme osait dire Eric Besson, ex-ministre fantoche de l’industrie) avaient été sous-estimées. Entre le 2 et le 31 mars 2011, ce sont près de 900 000 terabecquerels qui ont été rejetés par les 3 réacteurs en fusion. 2,5 fois plus important que les premiers chiffres annoncés, une erreur ayant empêché une évacuation appropriée des habitants. Officiellement elle est due à la destruction des capteurs les plus proches et donc les plus fiables durant les événements.
Mais on peut aussi se poser la question, bien légitime, si les autorités, comme les éminences grises du lobby nucléaire n’avaient pas intérêt à minimiser la catastrophe.

Tout aussi grave et parfaitement prévisible, la pêche en Californie de thons rouges contaminés par les particules radioactives de Fukushima, démontrant alors que les animaux migrateurs s’avèrent être des vecteurs majeurs de propagation des radionucléides.

Terminons par cette annonce aussi insolite qu’utile, la mise au point et la vente prochaine de téléphones portables capables de détecter la radioactivité.
Le patron de la Softbank a ainsi expliqué qu’ « Avec ce mobile, une pression sur un bouton suffit pour mesurer simplement les radiations en un lieu donné, lesquelles sont exprimées en microsieverts par heure ». Ce sont ici les rayons gamma qui sont détectés par une puce Sharp pour une radioactivité s’échelonnant de 0,05 microsievert/h à 9,99 microsieverts/h.
En déduire que cet outil a certainement été produit pour les pauvres japonaises et japonais. Puisque l’élite nipponne a eu le bon goût de s’acheter une ville… en Inde.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, le nucléaire vous rendra malade…ou pas! »

Sources:
Fukushima: l’ancien Premier-ministre reconnaît la responsabilité de l’Etat mais plaide sa cause
Selon Naoto Kan, le mythe d’une énergie nucléaire sûre, économique et propre a volé en éclat après la catastrophe de Fukushima
Un an après Fukushima, le Japon manifeste contre le nucléaire
Les fuites radioactives de Fukushima ont été beaucoup plus fortes qu’annoncé

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