Rio+20: Belo Monte et Jirau, Quand la France aide à construire ces Barrages Controversés


A l’occasion de la prochaine conférence du Rio+20, intéressons-nous aux nouveaux barrages hydroélectriques du Brésil: le Belo Monte et le Jirau.
Ces deux réalisations s’avèrent être au centre des polémiques depuis plusieurs années et démontrent, s’il en était besoin, le gouffre abyssal entre les beaux discours, les belles phrases (celui de Chirac « la maison qui brûle », la parodie de Grenelle de l’environnement par Nicolas Sarkozy basé sur le bien naïf pacte écologique de Nicolas Hulot…) et la triste réalité.


Source: visionbresil

Le problème? Amazone, Indiens, Biodiversité, Déforestation, Assèchement, CO2.
Faisons-nous l’avocat du diable. Un barrage hydroélectrique, c’est bien, c’est propre, c’est « écolo » comparé à des centrales au gaz, au charbon voire au nucléaire. On peut bien se demander ce que ces illuminés de fanatiques écolos peuvent bien encore reprocher aux politiciens et industriels!
Ainsi, en plein milieu de l’Amazonie territoire encore préservé de la connerie humaine – malheureusement plus pour longtemps – certains ont imaginé depuis les années 70, durant les dictatures militaires d’Amérique du Sud, la construction d’imposants barrages sur les fleuves. A la clé, une production électrique renouvelable et « verte ». Rien que pour le barrage du Belo Monte, cela représente 11.000 MW, soit près de 11% de la production actuelle du territoire… et des emplois par milliers avec en 2013 près de 22 000 ouvriers sur les chantiers!
Voilà pour le côté positif. Côté négatif, la liste s’avère démesurée:
– assèchement des fleuves et rivières accompagnée de la perturbation de leurs courants
– destruction de la faune locale, unique en son genre (espèces dites « endémiques ») qui ne pourra s’adapter
– déforestation d’une partie de la zone pour construire les barrages
– production importante de CO2 lors de la construction
– déplacement des populations indiennes placées dans des camps et corruption des autochtones (au point de parler d’ethnocide)
– hausse des violences (vols, agressions, ports d’armes…)
– programmes d’aides sociales oubliés…
Comme dirait l’autre, le Belo Monte et le Jirau font partie de ces Fausses Bonnes Idées.

Un problème bien Français
En plus de politiciens véreux ou ayant un sens aigu de la stratégie électoraliste, les politiciens comme la présidente Dilma Rousseff allant à l’encontre des scientifiques comme de certains jugements devant les tribunaux, on distingue aussi non pas une responsabilité, mais bien une culpabilité des entreprises françaises sinon de l’Etat (Sarkozien) Français dans cette gabegie écologique.
En effet pour le barrage du Belo Monte, Alstom fournit notamment les turbines pour un montant d’un demi milliards d’euros. Une jolie somme, n’est-il pas?
Quant au Jirau, le plus grand barrage du continent Américain, GDF Suez détient plus de 50% des capitaux. Une spécificité lui permettant de recevoir par le passé une nomination au « Public Eye Awards » pour l’entreprise la plus irresponsable en matière d’environnement. Nous sommes bien loin ici de la publicité traditionnelle de GDF Suez misant tout sur les énergies « propres » comme le gaz ou l’hydroélectricité.
GDF Suez, un entreprise encore bien étatique (36,6% du capital est détenu par l’Etat Français) avec aussi des investisseurs prestigieux comme le Groupe Bruxelles Lambert, détenu par Albert Frère et la famille canadienne Desmarais. Frère et Desmarais deux milliardaires soutiens financiers officiels (mais discrets) d’un certain… Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy forcément au courant puisque en plus de ses deux amis, Gérard Longuet étant en charge de la fusion Gdf – Suez, générant alors un joli conflit d’intérêt.
Autre investisseur de GDF Suez, le Crédit Agricole: la banque française est co-actionnaire du groupe à hauteur de 0.7%. Malgré les pratiques industrielles peu écologiques de GDF Suez (écosystème massacré et population ancestrale chassées de leurs terres par l’extraction du gaz russe et revendu par GDF Suez en Europe, au barrage du Jirau…), la banque s’est vu décernée le label du WWF France association pseudo-écologique soutenant de manière schizophrène… le chef indien Raoni dans sa lutte contre le barrage de Belo Monte. Nous ne sommes pas à un paradoxe près!
Alstom peut se vanter d’avoir un certain Bouygues comme principal actionnaire avec près de 30% du capital, Martin Bouygues étant un proche de… Nicolas Sarkozy.
Mais cette société prestigieuse peut s’enorgueillir d’avoir été mêlée à des affaires de corruption dans la ex-Tunisie de Ben Ali, la Lettonie, en Malaisie et d’être placée sous surveillance pour 4 ans par le fond souverain norvégien pour risque grave de corruption d’agents publics. Rien que ça!
Question bête: après la Tunisie, la Lettonie et la Malaisie, pourquoi pas le Brésil? 500 millions d’euros, il y a de quoi faire quelques enveloppes…
Avec un peu de recul, on comprend donc que, pendant que l’ancienne parodie de président amusait les foules (et Nicolas Hulot) avec son Grenelle de l’environnement, ses marionnettistes aux affaires étaient bien occupés à investir au Brésil dans des projets écologiquement et humainement irresponsables!
Difficile alors de France de donner des leçons au Brésil.

Alors que faire? Continuer à s’éclairer à la bougie?
Ainsi, dans une interview de Valérie Cabanes, juriste et chercheuse indépendante en droits de l’Homme, précise ainsi que le WWF, encore eux!, a ainsi proposé dans ses rapports le recours au solaire, à l’éolien mais aussi, question hydroélectrique, les barrages dits « au fil de l’eau ».
Problème, GDF Suez se vante d’utiliser cette technologie pour le barrage du Jirau… tout en omettant les autres critiques liées aux violations des droits humains : absence de consentement libre, préalable et informé des communautés indigènes locales, non prise en compte de la présence, dans la région, de groupes d’Indiens isolés extrêmement vulnérables aux contacts extérieurs.
Pas sûr que les propositions du WWF soient totalement inintéressées de par la nouvelle réputation sulfureuse de l’association, devenue un argument de marketing vert pour multinationale généreuse en déficit de publicité.

A l’heure actuelle, aucune technologie humaine produisant de l’électricité en grande quantité – le Jirau produisant 3450MW soit 2 centrales EPR – ne peut se targuer d’être 100% propre.
Mais ce qui fait la différence entre ces scandaleux barrages brésiliens et d’autres réalisations énergétiques, c’est bien ce manque de respect aux populations autochtones, à l’héritage culturel et territorial totalement méprisé.
Un comble pour nous, colons, soi-disant « civilisés ».


Source: GreenPeace via GreenVert.fr

Sources:
GDF Suez, patrick donati le Jirau, rue89, boursier.com, jdd, lejeudi.lu, tunistribune, wikipedia, la croix: le barrage du Belo Monte sème le désarroi, Raoni, Courrier International, rue 89, Bruno Magniez, Amis de la Terre: Finance Responsable

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