Nucléaire: La Catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 reconnue officiellement d’origine 100% humaine!


Dans son rapport publié ce jeudi, la commission d’enquête japonaise a conclu que la catastrophe nucléaire de Fukushima est le pur produit d’erreurs volontaires ou involontaires humaines.
Après 6 mois d’enquête, 900 heures d’audition auprès de plus de mille personnes, on peut y lire ainsi que « l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et Tepco, et le manque de gouvernance de ces instances »
Les experts pointent ainsi du doigt:
– les réticences à adopter les normes de sécurité internationales
« une ignorance et une arrogance impardonnables » comme « un mépris pour la sécurité du public »
Ce rapport en déduit donc que le tremblement de terre et le tsunami n’aurait jamais dû suffire à causer un tel désastre. Ce sont bien le non-respect des normes internationales comme les fraudes qui ont entrainés une fin aussi tragique.
Dès décembre 2011 dans un rapport d’experts indépendants de Tepco plusieurs points étaient déjà dénoncés:
« Certaines réactions ont été insuffisantes » notamment vis-à-vis de la prévention des explosions d’hydrogène
– des « moyens désespérés » en raison d’une absence de réelle préparation
– absence de « plan de gestion d’accident » basé sur un scénario de perte totale d’électricité
– le bâtiment servant de QG à la coordination des moyens en cas d’urgence nucléaire n’était pas capable de supporter de hauts niveaux de radiation (sic!)

De plus, peu après la catastrophe, TEPCO avait reconnu la falsification de 29 rapports concernant l’état de ses centrales nucléaires depuis la fin des années 1980.
Pire TEPCO a admis n’avoir effectué aucune des inspections pourtant obligatoires… depuis 2001!

Enfin le gouvernement japonais de l’époque et TEPCO travaillant main dans la main, ce couple tragique n’a pas été épargné par les critiques des experts:
– de graves problèmes de communication au QG de Tokyo, entre le bureau du premier ministre situé au 5ème étage et le centre de gestion de crise implanté pourtant au sous sol du même bâtiment
« aucun technicien de TEPCO, pas plus que de spécialiste des procédures d’urgence n’était présent » auprès de l’ancien premier ministre pendant la crise
– un programme de consignes en cas d’urgence nucléaire, le SPEEDI, prévu, financé et réalisé, mais malheureusement non utilisé juste après la catastrophe!
D’où la démission du premier ministre, Naoto Kan, à la suite de ces événements puis ses récentes révélations contre l’énergie nucléaire:
“Puisque l’accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l’Etat”
“l’énergie nucléaire la plus sûre est celle dont on ne dépend pas. Autrement dit il faut se défaire de l’énergie nucléaire”

Une autre vision, côté lobby nucléaire
Dans son rapport, Tepco, la société gestionnaire des réacteurs de la centrale de Fukushima, met au contraire toute la responsabilité sur le tsunami, cause principale du désastre. Seule concession: un manque de préparation de la part de la société. Consternant mais peu surprenant…puisqu’en France malgré la tragédie, le mot d’ordre dès le lendemain de la catastrophe a été la minimisation de la catastrophe requalifiée en simple « accident » par Nicolas Sarkozy et Eric Besson.
Ajoutant le cynisme à son incompétence notoire, le ministre de l’industrie de l’époque, s’était même dit « rassuré » lors d’un déplacement officiel sur place. A sa décharge, lui au moins, avait fait cet effort, contrairement au mythomane Nicolas Sarkozy prétendant en plein meeting durant sa campagne 2012, y s’être rendu…mais confondant Tokyo et Fukushima, distant de 250 Km: un mensonge dénoncé au Japon.
Côté français justement, chez Areva, d’ailleurs fournisseur du combustible MOX (hautement cancérigène en cas d’explosion et diffusion) présent dans le réacteur 3 de Fukushima, malgré les rapports, l’heure reste à la dédramatisation, à la culpabilité de Mère Nature comme à l’absence de risque zéro.
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à parcourir leur site web:
– « La nouvelle génération – dite « génération III » – a tiré les leçons des accidents nucléaires de Three Mile Island aux États-Unis (1979), de Tchernobyl en Ukraine (1986) et des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. » Quid de Fukushima? Rien aucune leçon alors que les premiers rapports datent de décembre 2011?
– Le résumé officiel « que s’est il passé à Fukushima? », à la sauce Areva:
Le 11 mars 2011, la centrale japonaise de Fukushima – six réacteurs – a subi deux catastrophes naturelles, totalement exceptionnelles. D’abord un séisme de magnitude 9, le plus violent au Japon depuis 1900 ; puis un tsunami avec des vagues de plus de 13 mètres sur cette portion de la côte. Le séisme a conduit à l’arrêt automatique et immédiat des trois réacteurs alors en activité, comme prévu par les dispositifs de sûreté.
Mais il a également interrompu l’alimentation principale en électricité, qui permet d’acheminer l’eau nécessaire au refroidissement des cœurs de réacteurs. Trois quarts d’heure après le séisme, le tsunami a noyé les dispositifs électriques de secours qui auraient permis de maintenir la température sous contrôle et obturé les prises d’eau et de refroidissement en mer.
Dans les trois réacteurs, faute de refroidissement, les cœurs se sont mis à fondre. La pression en hydrogène – inflammable – et en vapeur est montée. En explosant, l’hydrogène a soufflé le haut des bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4, libérant des matières radioactives dans l’environnement. L’océan a été contaminé. Les populations ont pu être évacuées dans un rayon de 20 km. Aujourd’hui, les cœurs sont refroidis en circuit fermé et l’enveloppe des réacteurs endommagés est en cours de construction. La zone des 20 km reste interdite.

Comme vous pouvez le constater, rien sur les fraudes reconnues de Tepco ayant entraîné des systèmes de secours inopérants, rien sur l’absence de préparation, rien sur l’inorganisation totale, juste le vilain tsunami cause de toutes les pannes.
A quand un communiqué officiel d’Areva voire une mise à jour du site web avec le nouveau rapport japonais? Rêvons…

De Fukushima à Flamanville en passant par Fessenheim…
Fraudes, mensonges, arrogance, incompétence, inorganisation. Les critiques à l’encontre de Tepco et le gouvernement japonais se révèlent nombreuses, démontrées et reconnues.
Devra-t-on attendre une tragédie aussi grave que Fukushima pour que le lobby nucléaire made in France (Areva, EDF, GDF Suez, Bouygues, Etat) soit enfin obligé à la plus grande transparence et à une rigueur digne de ce nom? Rien n’est moins sûr.
En attendant le peuple français doit vivre avec pas moins de 58 réacteurs qui constituent autant d’épées de Damoclès au-dessus de sa tête. Ayez confiance…

Sources:
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120705.REU0510/l-accident-de-fukushima-serait-le-resultat-d-une-collusion.html
http://www.franceinfo.fr/monde-tremblement-de-terre/fukushima%C2%A0-certaines-reactions-ont-ete-insuffisantes-selon-tepco-462079-2011-12-02
http://www.bastamag.net/article1897.html
http://fukushima.over-blog.fr/article-eric-besson-est-rassure-nous-pas-du-tout-99812585.html
http://www.michele-rivasi.eu/a-la-une/visite-deric-besson-a-fukushima-en-pleine-campagne-presidentielle-la-desinformation-continue/
http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/31/1047886-des-rapports-falsifies-par-tepco.html
http://blog.mondediplo.net/2012-01-20-Fukushima-un-rapport-qui-accuse-le-gouvernement?archives=toutes
http://www.areva.com/group/liblocal/docs/Guide-AREVA/que-sest-il-passe-a-fukushima.html

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